Pierre BONNARD


1887 - Jonquilles dans un pot vert
1888 - La partie de croquet


1915 - Le café




1889 - Paravent à trois feuilles, grue, faisans et canards


1934 - Le débarcadère


1947 - L'amandier en fleurs
Présentation de l'artiste :
Pierre BONNARD est d’abord destiné à une carrière juridique, il étudie le droit tout en suivant des cours de dessin à l’Académie Julian. Il abandonne rapidement le droit pour se consacrer pleinement à l’art et intègre l’École des Beaux-Arts, où il rencontre Édouard Vuillard, Maurice Denis et Paul Sérusier. Ensemble, ils fondent le groupe des Nabis, qui prône une peinture décorative, symbolique et libérée de l’imitation fidèle du réel.
Bonnard se fait d’abord connaître par ses affiches, ses illustrations et ses œuvres décoratives, influencées par les estampes japonaises. À partir des années 1900, il s’éloigne progressivement des principes des Nabis pour développer un style très personnel. Il se concentre alors sur des scènes intimes : intérieurs, nus, paysages et jardins, souvent inspirés de sa vie quotidienne et de sa compagne Marthe, modèle central de son œuvre.
Travaillant principalement de mémoire, Bonnard accorde une importance majeure à la couleur et à la lumière, qu’il utilise pour traduire la sensation et l’émotion plutôt que la réalité objective.
Analyse de l'œuvre de l'artiste :
Pierre Bonnard occupe une place singulière dans l’histoire de la peinture moderne. Membre fondateur du groupe des Nabis, il s’éloigne progressivement des théories symbolistes pour développer un langage pictural profondément personnel, centré sur la couleur, la lumière et l’intimité du quotidien. Sa peinture se distingue par une apparente simplicité des sujets — intérieurs domestiques, nus, jardins, scènes de repas — qui contraste avec une grande complexité formelle.
Chez Bonnard, la couleur joue un rôle fondamental. Elle ne se contente pas de décrire le réel, mais devient un moyen d’expression autonome. Les tons sont souvent chauds, vibrants, parfois irréalistes, organisés en aplats ou en touches fragmentées qui dissolvent les contours. Cette instabilité visuelle donne l’impression d’un monde en perpétuelle transformation, où les formes semblent émerger de la lumière plutôt que s’imposer par le dessin. Contrairement aux impressionnistes, Bonnard ne peint pas sur le motif : il travaille de mémoire, ce qui lui permet de recréer une sensation vécue plutôt qu’une observation immédiate.
L’espace pictural est lui aussi singulier. Les perspectives sont souvent déformées, les cadrages audacieux, influencés par la photographie et les estampes japonaises. Le spectateur est invité à pénétrer dans des scènes intimes, parfois comme un voyeur discret. La figure humaine, notamment celle de Marthe, compagne et modèle récurrent, est intégrée à l’espace environnant, presque absorbée par la couleur et la matière.
Enfin, la peinture de Bonnard se caractérise par une profonde dimension poétique. Elle ne cherche ni le spectaculaire ni le récit, mais l’évocation sensible du temps qui passe, des instants ordinaires chargés d’émotion.