Kasimir MALEVITCH
1915 - Avion volant


1915 - Composition abstraite




1918 - Carré blanc sur fond blanc


1930 - Les sportifs


1915 - 8 rectangles rouges


1915 - Carré noir carré rouge
Présentation de l'artiste :
Kasimir Malevitch (1879–1935) est un peintre et théoricien de l’art d’origine russo-polonaise, figure majeure de l’avant-garde russe et fondateur du suprématisme. Né à Kiev, alors dans l’Empire russe, il grandit dans un milieu rural avant de s’installer à Moscou, où il se forme à la peinture. Ses premières œuvres sont influencées par le réalisme, l’impressionnisme et le cubo-futurisme, reflet des courants artistiques européens du début du XXᵉ siècle.
En 1915, Malevitch opère une rupture radicale avec l’art figuratif en présentant Carré noir sur fond blanc, œuvre emblématique du suprématisme. Ce mouvement prône la suprématie de la sensation pure et de la forme abstraite, à travers des compositions géométriques simples — carrés, cercles, croix — libérées de toute référence au monde visible. Pour Malevitch, l’art doit s’affranchir de la représentation pour atteindre une dimension spirituelle et universelle.
Après la Révolution russe, il enseigne et occupe des postes importants dans les institutions artistiques. Cependant, avec l’imposition du réalisme socialiste dans les années 1930, son art est marginalisé. Il revient alors partiellement à la figuration, tout en conservant une forte stylisation. Malevitch meurt à Leningrad en 1935. Son œuvre a profondément marqué l’histoire de l’art moderne et influencé durablement l’abstraction contemporaine.
Analyse de l'œuvre de l'artiste :
La peinture de Kasimir Malevitch marque une rupture radicale dans l’histoire de l’art moderne. Figure majeure de l’avant-garde russe du début du XXᵉ siècle, Malevitch est surtout connu comme le fondateur du suprématisme, un mouvement qui cherche à libérer la peinture de toute représentation du monde réel. Pour lui, l’art ne doit plus imiter la nature ni raconter une histoire, mais exprimer la pure sensibilité à travers des formes élémentaires.
Cette ambition atteint son point culminant avec des œuvres emblématiques comme Carré noir sur fond blanc (1915). Ce tableau, apparemment simple, constitue un geste révolutionnaire : le carré noir n’est ni un objet ni un symbole traditionnel, mais une forme absolue, autonome. Malevitch affirme ainsi la suprématie de la sensation artistique sur la réalité matérielle, d’où le terme « suprématisme ». Les couleurs et les formes géométriques — carrés, rectangles, cercles, croix — deviennent les seuls acteurs du tableau.
Le choix de fonds blancs, souvent assimilés à l’infini ou au vide, renforce cette impression de détachement du monde terrestre. Le blanc représente pour Malevitch un espace cosmique, spirituel, où les formes semblent flotter, libérées de la gravité. Cette dimension quasi mystique est essentielle à son œuvre : peindre devient une quête métaphysique, une tentative d’atteindre une vérité universelle.
Cependant, Malevitch ne renonce pas totalement à la figure humaine. Dans certaines œuvres tardives, les personnages apparaissent de manière stylisée, géométrisée, souvent privés de visage. Cette déshumanisation souligne l’effacement de l’individu au profit de formes universelles et intemporelles.
En définitive, la peinture de Malevitch bouleverse les codes traditionnels de l’art. Elle ouvre la voie à l’abstraction radicale et influence durablement l’art moderne et contemporain. Son œuvre interroge encore aujourd’hui le rôle de l’art : non plus représenter le monde, mais proposer une nouvelle manière de le penser.